Cette femme que nous sommes

À cette femme que nous sommes..

Quand je suis née j’ai su que j’étais une fille et déjà j’étais fière. On m’a fait porter de jolies robes en satin, on m’a fait des tresses, on a percé mes petites oreilles pour y suspendre de jolies perles et on m’a éduquée en me disant que j’avais le monde à mes pieds.

J’ai pas vraiment compris..

J’ai grandi et j’ai réalisé que j’avais les yeux de cette première détentrice de diplôme universitaire, les petites joues de cette première femme syndicaliste et le sourire de la toute première femme ingénieure. Je venais d’une lignée qui s’était battue, battue pour ses droits, pour son identité, pour sa liberté. J’étais cette première femme à revendiquer le droit à l’éducation des filles, celle qui défendait les plus démunies, celle qui militait pour le droit de vote. J’étais celle qui avait la possibilité de dire non, de dire oui et de se faire respecter. Dans mes veines coulait l’ADN de ces femmes qui ont brisé les préjugés à l’égard de celles qui devaient autrefois se taire, celles qu’on laissait aux chaudrons et qu’on tenait pour acquises sans grande considération.

Je suis née avec ce pouvoir de porter la vie et de la mettre au monde, de la nourrir, de la faire grandir et de l’admirer. Je suis né fille, nièce, filleule, et je suis devenue femme, mère, intervenante, amie, auteure. Aujourd’hui j’ai le droit d’être égale à celui qui avant me dominait, j’ai le droit aux mêmes aspirations que lui et j’ai l’entière liberté de m’opposer à toutes inégalités à l’égard de mes sœurs.

Mes ancêtres on porté le fardeau de cette autonomie, elles ont défriché les routes qu’aucune autre femme n’avait franchies, elles ont composé les discours, traverser les barrières, elles ont parfois triché, ont du se cacher, mentir, encaisser les revers et elles se sont tenues debout pour qu’aujourd’hui nous puissions vivre dans l’égalité.

En cette journée internationale de la femme, malgré les injustices qui persistent, nous sommes toujours la voix du changement. Nous sommes femmes et aujourd’hui nous avons le droit de célébrer pour tout ce que nous avons construit.

Quand je suis née, j’ai compris qui j’étais et j’en suis fière encore aujourd’hui. J’ai mis au monde un garçon, j’ai mis au monde une fille et je sais qu’ils ont maintenant la chance d’aspirer aux mêmes rêves sans discrimination. Toutefois, la bataille n’est pas terminée et certains préjugés subsistent. Les commentaires à notre égard sont parfois sexistes, grossiers, vulgaires, on nous intimide, on nous menace, on nous fait chanter, et encore, on nous agresse à grands coups de mots, à grands coups de gestes.

Comme si elle était tatouée de fragilité, de naïveté et de faiblesse, la femme que je suis doit encore se justifier, marcher plus vite, porter plus lourd, et défendre son titre. Heureusement, s’est soulevée par l’héritage léguée par ses sœurs que cette femme que je deviens atteint chaque fois, le fil d’arrivée.

Je suis née fille et c’est un honneur. Ce ne sont ni les tresses, ni les perles, ni le satin qui ont fait de moi qui je suis, mais plutôt la détermination, l’entêtement et ce message qu’on m’a livré qui disait que j’avais le monde à mes pieds. En ce 8 mars je lève mon verre à ces générations de guerrières qui ont fait de moi l’enfant d’hier, la femme d’aujourd’hui et la mère de celle qui deviendra demain. Miss Rebelle

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