Là d’où je viens…

Là où je vis, sur les réseaux sociaux, on partage la disparition d’un chien plus que celle d’un humain en détresse, quand on le retrouve, on le place à l’abri pour en prendre soin, mais on dit au désespéré qu’on ne peut pas l’aider.

Là d’où je viens, on décore la ville de ponts illuminée et de lanternes, mais on laisse nos écoles dans des états misérables, là d’où je viens, on empêche le tabac, mais on légalise la marijuana, on interdit les pailles, mais on vend des armes à feu, on demande à 5 gars de réparer un trou dans la rue, mais on laisse un seul médecin avec des centaines de patients, là d’où je viens c’est bizarre des fois..

On a des milliers d’amis, mais on se sent seul, on paye pour les médicaments, mais l’internet est gratuit, on fait des levées de fond pour les enfants malades, mais on investit des millions dans l’armement nucléaire. Ici, on crie à l’injustice quand quelqu’un mange un poulet, mais on se tait quand un bébé est négligé.

Là d’où je viens, on achète l’eau en bouteille parce que celle des rivières est polluée, pis après on interdit la bouteille parce que ça pollue les rivières.

Là d’où je viens, on ne cueille plus les bleuets dans les champs, car ils sont sales, alors on les achète au marché, l’à d’où je viens, on fait pousser les tomates sur nos terrasses parce que celles du marché sont transformées. On carbure à fond dans les restos, pis on cherche les coupons rabais pour une livre de steak haché.

Là d’où je viens, on refuse le café aux sans-abris, mais on ouvre des cafés pour les chats et les chiens. On paye des millions en salaire à un athlète, pis on refuse des subventions à nos fondations. Chez nous, on paye cher pour voir un match de hockey professionnel mais on se cache derrière la porte quand la fondation vient frapper.

Chez nous, on fait des patinoires réfrigérées l’hiver parce que l’hiver est trop chaud pis on se paye des chauffe-eau l’été parce qu’on trouve l’eau trop froide. On achète de la bouffe en quantité industrielle pis on chiale contre la guignolée une fois par année.

Là d’où je viens, on prévoit notre temps pour arriver à l’heure, mais on a pu de temps faque on va nulle part, on donne pas notre piasse à un démuni, mais on l’offre en double à La Voix, on abandonne grand-mère en foyer, mais on s’assure de récupérer ses vieux vêtements pour contrer la pauvreté dans les pays étrangers. Chez nous, on adopte les pandas d’Asie pour sauver l’espèce mais on place nos kids en centre jeunesse.

Chez nous, on donne à des étrangers par bonne conscience pis on tourne le dos à nos familles. Chez nous, on libère le pédophile pis on enferme l’adolescente, on paye un avocat qui parle pour le mercenaire mais la victime on lui dit de se taire.

Chez nous on montre à nos enfants à marcher pis après, on les empêche de partir, on leur enseigne le langage mais on les empêche de dire ce qu’ils pensent, on partage des post pour dire à nos proches qu’on les aime pis quand on est avec eux, on se plug sur internet pour liker des post qui rendent hommage à ceux qu’on aime.

Chez nous, si tu es un étranger qui parle pas français c’est pas grave, si té un québécois qui parle pas anglais té dans le trouble. On offre gratuitement les vélos et l’entrée dans les musées, mais on te charge pour un sac vide, chez nous, quand on voit une belle fille on siffle fort, quand on entend crier un enfant, on dit pu rien. On se met beau pour que les gens nous envie, pis quand un inconnu nous approche, on le fuit.

Chez nous on achète des maisons avec une chambres pour la visite, mais on invite pas de visite parce que ca dérange.

Chez nous on fume pu dehors parce que ca pollue faque on fume en dedans avec les enfants, on fait la promotion du conducteur désigné chez les jeunes, mais on les restreint de conduire à l’heure ou le party se termine, on offre gratuitement la désintox aux ados, mais on paye pour les services du p’tit dernier qui est autiste.

Chez nous, on paye nos dettes avec l’héritage de nos parents quand ils sont encore vivants pis quand ils décèdent, on les enterre à crédit. Chez nous, quand un enfant est petit on le considère comme un grand, pis quand il devient grand on le traite comme un enfant, on publie des photos modifiées avec un slogan sur l’importance de s’accepter comme on est.

Je viens d’un endroit où il fait bon vivre, sans guerre, sans grand tremblement de terre, sans tsunami, je viens d’un pays reconnu comme un modèle pour ses valeurs, ses richesses, ses splendeurs, je viens d’ici, mais parfois je comprends pu rien pis on dirait que je viens d’ailleurs, Miss Rebelle

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *